Dans cette affaire, martinsdelima est intervenu en tant qu’expert économique indépendant pour analyser un problème typique de concurrence sur les marchés convergents : comment le risque de perdre l’accès à un intrant clé (la retransmission d’un spectacle sportif premium) qui conditionne la capacité de concurrencer, de capter et de fidéliser les clients affecte-t-il un opérateur de détail de télévision payante et de télécommunications ? Le travail s’est concentré sur la transformation d’une question « de marché » en effets économiques concrets et quantifiables.
L’affaire s’inscrit dans un écosystème où l’offre n’est pas vendue comme un service isolé unique, mais comme des packages convergents qui combinent la connectivité fixe et mobile avec la télévision payante. En particulier, le rapport analyse l’empaquetage concret et sa segmentation entre les offres standard et les offres premium, soulignant que le contenu footballistique fonctionne comme un élément différenciateur dans le segment de plus grande valeur.
La controverse concurrentielle s’est activée parce que l’accès de gros au contenu pouvait ne plus être garanti dans les mêmes conditions, ce qui a créé un scénario d’incertitude : si un opérateur de détail ne peut pas inclure ce contenu dans sa proposition, son offre devient moins attrayante pour un groupe important de clients, avec un impact direct sur la captation, la fidélisation et la monétisation.
Le rapport démontre pourquoi il s’agit d’un « actif premium » qui non seulement stimule la demande de télévision, mais qui influe sur l’ensemble du bouquet de services : le client apprécie la commodité du pack et, lorsque ce composant disparaît, une pression concurrentielle immédiate s’exerce sur l’opérateur concerné. Cette logique est particulièrement importante car les contenus premium sont généralement soumis à des conditions d’exclusivité, ce qui peut rendre certaines combinaisons commerciales difficilement reproductibles.
En termes économiques, l’affaire exigeait de mesurer non seulement « l’effet de titre » (perte d’attrait), mais de le traduire en leviers réels de compte de résultat : variations de la base de clients, variations de la marge unitaire et effets sur le coût d’acquisition et de remplacement des clients. Pour ce faire, le rapport intègre une analyse structurée des indicateurs d’activité (tels que les revenus moyens et la rotation) et de la propension à changer d’opérateur face à des scénarios alternatifs de disponibilité du contenu.
Sur la base de tout ce qui précède, martinsdelima a construit un récit économique clair : sur les marchés où le produit est vendu en paquets et où le contenu premium est un moteur de décision, perdre l’accès à ce contenu n’est pas une anecdote commerciale, mais une altération pertinente de la capacité concurrentielle, avec des conséquences prévisibles et mesurables sur les clients, les revenus et les marges.
La méthodologie utilisée pour l’élaboration du rapport s’est basée sur une approche contrefactuelle et traçable, structurée en trois blocs :
(i) comment les droits sont distribués et ce qu’implique le cadre réglementaire/concurrentiel ;
(ii) pourquoi le contenu footballistique est déterminant pour concurrencer dans la TV payante et les communications électroniques ; et
(iii) quantification du préjudice potentiel si l’opérateur ne pouvait pas maintenir cet accès.
Dans la quantification, le rapport estime la marge dans deux scénarios comparables :
(a) offre maintenant le contenu et
(b) offre sans l’inclure, identifiant la base de clients et les postes de revenus et de coûts affectés dans chaque cas. Cette conception permet d’isoler l’effet économique attribuable à la perte du contenu, avec une logique simple : même entreprise, deux réalités commerciales, différence de marge comme mesure de l’impact.
La valeur différentielle de martinsdelima a été d’apporter une pièce d’expertise très commerciale et, à la fois, techniquement solide : un rapport qui connecte le marché et l’activité, explique le mécanisme concurrentiel avec clarté et le transforme en une quantification cohérente et défendable. Dans la pratique, cela a permis de soutenir la position de l’opérateur concerné avec une analyse compréhensible pour les tiers (avocats, décideurs et tribunal) et avec une structure de preuve reproductible, maximisant la crédibilité de l’argument sur les effets et le préjudice.